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Un oeil vigilant

Grâce à la nouvelle technologie de " ball-tracking " développée par Roke Manor Research, la couverture des événements sportifs - voire l'arbitrage - atteint un tout autre niveau.

Le cricket a été régi, pendant plus de 250 ans, par un ensemble de codes et de règles, qui ont souvent fait l'objet d'ajouts et de modifications d'après les recommandations des autorités en la matière de l'époque. A l'instar de nombreuses autres activités sportives, le cricket n'échappe pas aux progrès technologiques actuels. En réalité, le Conseil International de Cricket (ICC) est actuellement en train de délibérer sur l'utilisation d'un nouveau système de ball-tracking (suivi de la trajectoire de la balle), système développé par Roke Manor Research qui devrait aider les arbitres à prendre des décisions appropriées en matière d'obstruction jambière (Leg Before Wicket).

Les règles en matière d'obstruction jambière ont été à l'origine d'autant de controverses que les règles de hors-jeu au football, la passe en-avant au rugby et les arbitrages de lignes au tennis. En réalité, le résultat de la décision d'obstruction jambière détermine le tour de batte du batteur et souvent l'issue du match.

Pour pouvoir déclarer qu'il y a eu obstruction jambière de la part d'un batteur, un membre de l'équipe du lanceur doit en premier lieu le signaler à l'arbitre qui, à son tour, doit déterminer si, d'après la trajectoire de la balle, celle-ci allait touché les piquets, et si elle a touché ou non les jambières avant de toucher la batte. Il n'y a pas d'obstruction jambière si le point de contact entre les piquets et la balle était en-dehors de la ligne de off-stump (piquet le plus éloigné du batteur) ou si la balle a été lancée en-dehors du leg-stump (piquet le plus proche du batteur). Ces règles s'avèrent d'autant plus compliquées pour l'arbitre que la balle lancée par le lanceur se déplace en moyenne à 80 milles par heure (environ 50km/h). Il n'est donc pas étonnant qu'il s'agisse de l'une des décisions les plus délicates à prendre au cricket et qu'elle laisse place à beaucoup d'incertitude.

Hawk-Eye entre en jeu

Cependant, si elle est adoptée, cette nouvelle technologie appelée Hawk-Eye serait en mesure de supprimer le doute dans l'esprit des juges, des joueurs et des spectateurs en procurant une analyse de la balle et du guichet avec une précision allant jusqu'à 5mm.

Mis au point par Dr. Paul Hawkins, un scientifique britannique de 27 ans en collaboration avec Roke Manor Research, Hawk-Eye intègre une analyse d'image et une technologie de détection des missiles. Six caméras monochromes JAI, avec une fréquence de trame de 120 Hz, sont placées autour du terrain de jeu sur des positions clés - deux à chaque extrémité avec un écart angulaire de 30º, et deux caméras sur le côté (voir schéma). Ces caméras synchronisées relèvent la trajectoire complète de la balle - à des intervalles de 1/100ème de seconde - dès l'instant où elle quitte la main du lanceur jusqu'au moment où elle s'arrête.

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Les six caméras sont réparties en deux ensembles de trois caméras synchronisées entre elles, les images de chacun des ensembles étant capturé par la carte d'acquisition Matrox Meteor-II/Multi-Channel et dans la bibliothèque d'imagerie Matrox Imaging Library (MIL-Lite). Les images résultantes sont alors développées en une image en 3D par le système Hawk-Eye qui calcule ensuite en quelques instants où la balle a été lancée, l'étendue de son mouvement latéral dans l'air depuis le guichet, sa vitesse et son rebond et - si possible - le point de contact exact avec la jambière du batteur.

Le futur chemin de la balle est extrapolé en intégrant la trajectoire de la balle à un modèle paramétrique, déterminant ainsi si la balle allait toucher ou non les piquets, rebondir au-dessus ou dépasser le guichet. Hawk-Eye utilise ensuite une carte d'acquisition Matrox Orion afin de superposer une représentation graphique de sa trajectoire au sein d'une image vidéo, qui sera codée et transmise à une banque d'images vidéo auxquelles pourront accéder les producteurs de télévision.

" L'un des défis majeurs, pour nous, a été de transmettre un signal analogique sur toute la longueur du câble triax de haute qualité (pouvant aller de 250 à 650 mètres) vers les cartes de capture, sans perdre le signal " a déclaré Hawkins. " Cependant, le logiciel MIL-Lite a été en mesure de traiter la dégradation du signal résultant. "

L'ensemble des informations calculées par Hawk-Eye est disponible 1 à 2 secondes après le lancement de la balle. Cette donnée pourrait être envoyée aux arbitres sur le terrain en utilisant une technologie de transmission similaire aux pagers locaux ou aux téléphones mobiles. Chaque arbitre aurait un petit récepteur portatif avec une fenêtre d'affichage qui - en l'espace de quatre ou cinq secondes - fournirait aux arbitres l'ensemble des informations nécessaires pour déterminer s'il y a eu obstruction jambière selon que la balle est en-dehors du guichet, qu'elle a touché le batteur aligné avec les guichets ou qu'elle a touché les piquets. A l'inverse du troisième arbitre auquel on fait appel pour prendre la décision finale lorsque les deux premiers arbitres ne parviennent pas à se mettre d'accord - le Hawk -Eye ne ralentirait pas le jeu dans la mesure où il indiquerait la bonne réponse en moins de temps qu'il ne faut à l'arbitre ou aux arbitres pour prendre une décision.

Cependant, Hawkins insiste sur le fait que " Hawk-Eye est présenté comme un outil d'aide pour les arbitres et non comme une menace à leur égard. Les arbitres seront toujours nécessaires ".

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Après deux années de développement, la technologie Hawk-Eye de Roke Manor Research a été employée, avec grand succès, en direct, lors du match de cricket de Lord le 21 Avril 2001. Voici quatre exemples d'images vidéo tirées des informations collectées par la technologie Hawk-Eye.

Une couverture en profondeur

Bien que les arbitres ne disposent pas encore de Hawk-Eye, ce dernier est déjà sur les écrans de télévision et d'ordinateur des fans de cricket, partout dans le monde. Développé en collaboration avec Channel 4, Hawk-Eye passe pour avoir révolutionné la retransmission en direct des événements de cricket. Sky Sports, la chaîne concurrente de Channel 4 a d'ailleurs déjà adopté cette technologie.

Les informations fournies par Hawk-Eye sont utilisées par les producteurs de télévision afin de couvrir les matchs de cricket avec davantage de détails. Par ailleurs, les commentateurs de cricket sont désormais en mesure d'étayer leur évaluation de la performance d'un batteur ou d'un lanceur, graphiques et statistiques à l'appui. Et d'après Hawkins, avec un peu de chance, il sera plus aisé de comprendre le cricket qui deviendra ainsi plus attractif à une audience élargie.

Les informations fournies par Hawk-Eye ne sont pas uniquement diffusées à des téléspectateurs mais elles sont également disponibles sur le site web channel4.com. Grâce à ces informations présentées comme outil d'analyse interactive www.channel4.com/sport/cricket/analyst/hawkeye/about.html: les utilisateurs peuvent générer leurs propres données sur les performances des joueurs de cricket de haut niveau, et ce même au plus fort des Test Match.

Grâce à cette technologie, les utilisateurs peuvent visualiser à quel endroit la balle a été lancée et a dépassé les piquets ; ils sont également en mesure d'analyser quelles ont été les zones les plus productives pour chaque batteur et chaque lanceur. Ces statistiques peuvent s'étendre aux performances de l'équipe entière, dans n'importe quel match.

Pas seulement du cricket

En association avec Sunset + Vine, la maison de production qui couvre les matchs de cricket sur Channel 4, Roke Manor Research a récemment créé Hawk-Eye Innovations Ltd., une organisation entièrement dédiée au développement de technologies semblables pour des activités et des applications sportives plus vastes. Des sports tels que le tennis, le football, le baseball et le snooker (billard) peuvent également être recréés sur des appareils sans fil, permettant aux téléspectateurs de regarder un sport n'importe où, sans devoir faire appel aux besoins de large bande passante, inhérents à la vidéodiffusion.

Entre temps, alors que les fans continuent d'apprécier cette nouvelle perspective sur le cricket, le ICC doit prendre une décision délicate - faut-il ou non introduire cette technologie sur le terrain de cricket et procurer aux arbitres une vision Hawk-Eye.

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